Wildproject : l’écopoétique en actes
Fondée en 2008 à Marseille, Wildproject s’est imposée comme la maison de référence de la pensée écologique radicale et poétique. Son catalogue, minutieusement composé, fait dialoguer philosophie, sciences, littérature et arts autour d’un horizon : renouveler notre rapport au vivant. Parmi leurs titres phares : Penser comme un iceberg de Nastassja Martin, Révolutions ZAD de Baptiste Morizot, ou encore Manifeste du tiers paysage de Gilles Clément.
Wildproject s’inscrit dans une dynamique de collaboration étroite avec les mouvements de défense des terres (ZAD, collectifs anti-bassines, etc.) et joue un rôle de passeur entre mondes militants et sphères académiques. La maison affirme sa singularité par une éthique environnementale jusque dans la chaîne du livre : tous leurs ouvrages sont imprimés localement sur du papier recyclé (source : Wildproject).
La Lenteur : entrer en résistance contre l’accélération
Maison indépendante fondée en 2004, La Lenteur publie peu, mais publie juste. Sa philosophie : cultiver l’attention, la lenteur du regard et l’intelligence collective. Remarquée pour ses traductions des classiques de l’écologie politique (Ivan Illich, Bernard Charbonneau), elle accompagne aujourd’hui tout un versant de l’écologie radicale et de la décroissance.
Les ouvrages, élaborés dans le dialogue avec les auteurs et autrices, accompagnent la structuration intellectuelle des luttes contemporaines en France. Beaucoup sont repris par les mouvements d’action directe, tandis que les responsables de la maison participent régulièrement à des ateliers ou à des rencontres militantes (source : La Lenteur).
Le Passager Clandestin : docufiction et critique sociale verte
Cette maison dédiée à une littérature d’intervention a fait du pamphlet et de l’essai engagé son territoire. Pionnière de la collection “Désobéissance”, elle propose aussi bien des manifestes de décroissance (Paul Ariès, Vincent Cheynet) que des fictions “éco-punk”. Son catalogue croise problématiques environnementales, justice sociale, et dénonciation de l’inaction politique.
Le Passager Clandestin s’intéresse particulièrement aux mouvements de désobéissance civile, à l’image de son recueil Nous ne sommes pas seuls, conçu avec les collectifs alternatifs de Notre-Dame-des-Landes. Ses rencontres sont souvent organisées avec des associations écologistes (source : Le Passager Clandestin).
Les éditions Yetaa : féminismes et écologie décoloniale
Plus récente, Yetaa s’est taillée en quelques années une réputation de maison attentive aux croisements entre écologie, féminismes et luttes antiracistes. Elle offre une visibilité nouvelle à des voix issues des mouvements de quartiers populaires ou des diasporas. Ses ouvrages abordent le “climat” sous l’angle du rapport Nord/Sud, du vivant abîmé par les frontières, et de la “just transition”.
Yetaa contribue à la circulation des savoirs minorés et à l’essaimage d’idées issues d’actions locales (exemple : L’école buissonnière du climat, 2021). Précision rare, elle publie souvent sous licence Creative Commons, encourageant la diffusion à travers réseaux militants et bibliothèques citoyennes (source : catalogue Yetaa).
L’Échappée : la critique du techno-capitalisme
Réputée pour ses textes radicaux sur l’aliénation technologique, L’Échappée occupe une place singulière : écologie, critique sociale, outils d’autonomie et histoire des luttes y avancent de concert. Son ouvrage Désobéissance fertile (L. Nicolas, 2020) fut l’un des plus cités lors des mobilisations de la jeunesse climatique. La très large diffusion de Merci de changer de métier (sur l’écologie à l’école), de Rachel Knaebel et Sébastien Sieppel, montre l’impact réel de ces livres sur la formation des nouveaux militants.
L’Échappée se distingue par la diversité de ses autrices et auteurs, par la vigilance de sa fabrication (là aussi, papier certifié, impressions françaises), et par sa participation fréquente à des universités d’été militantes (source : L’Échappée).