Si beaucoup de maisons ont connu l’échec ou le rachat, d’autres – Zones, La Fabrique, Libertalia – incarnent cette vitalité militante qui n’attend pas la rentabilité à court terme pour exister. On y retrouve souvent des tirages modestes : pour un essai militant, la moyenne d’un premier tirage est de 1 000 à 1 500 exemplaires (contre 5 000 pour l’édition généraliste).
Pour l’édition militante, la nécessité invente ses chemins. Entre mutualisation, appel au public et inventivité, la fragilité du modèle n’est rien face à la puissance de la conviction : faire entendre des voix dissidentes dans le vacarme éditorial contemporain.
Face aux bouleversements du numérique, de la montée de l’auto-édition et de la crise du papier, l’édition militante continue de réinventer sa manière d’exister. À travers ce chemin escarpé, chaque livre publié est déjà une victoire collective.