Le point mort : le seuil à atteindre pour vivre
Toute maison d’édition calcule, pour chaque ouvrage, le point mort : le nombre d’exemplaires à vendre pour couvrir toutes les charges fixes et variables (avaloir, fabrication, frais généraux, promotion, etc). Pour un roman en grand format vendu 19 €, il faut souvent vendre de 1 000 à 2 500 exemplaires pour rentrer dans ses frais, seuil qui explose dès que la fabrication devient sophistiquée (beaux livres, BD, jeunesse).
Selon les chiffres du SNE, seuls 10 % des titres dépassent 3 000 exemplaires de ventes lors de leur première année d’exploitation. La majorité des livres publie donc « à perte » dans un premier temps, la rentabilité globale ne se jouant que sur quelques titres à succès qui compensent les échecs.
Des stratégies pour garantir l’équilibre
- Maîtrise des tirages : Pour limiter le gaspillage et les retours, nombreux éditeurs optent désormais pour de plus petits tirages initiaux (print-on-demand compris), quitte à réimprimer vite si le succès survient.
- Optimisation des coûts : Recherche de partenaires imprimeurs compétitifs, mutualisation de la logistique, recours partiel au numérique.
- Production éditoriale rationalisée : Moins de titres publiés chaque année, mais avec un effort marketing accru pour chacun.
- Dynamisation du fonds : Valorisation des catalogues existants, rééditions, exploitation de fonds de catalogue.
Dans le secteur jeunesse ou la bande dessinée, l’exportation et le développement à l’international deviennent également cruciaux : certains éditeurs de BD réalisent jusqu’à 30 % de leur chiffre d’affaires à l’export grâce à des accords avec l’Italie, l’Allemagne ou le marché américain (Source : Livre Hebdo).