Derrière chaque livre posé sur une étagère, il y a la patience et la ténacité d’un éditeur, pour qui le mot « marge » revêt tous les paradoxes. Espérée, discutée, contestée, elle est surtout la condition de la survie d’un tissu d’entreprises indépendantes qui, de l’aube à la nuit, façonnent nos émotions collectives.
La marge éditoriale réelle d’une maison d’édition oscille souvent entre 1 % et 5 % du prix public, rarement plus. Prendre la mesure de cette réalité, c’est aussi saisir ce qui rend le livre si précieux : un objet où chaque euro dépensé vient soutenir l’écriture, l’audace éditoriale et la diversité culturelle.
À l’heure où les chaînes de valeur se transforment, s’informer sur cette mécanique n’est pas anodin : c’est participer, par sa lecture, à la vitalité d’un art vivant. Protéger la marge de l’édition française, c’est préserver la possibilité pour chaque livre, humble ou éclatant, d’exister, de nous relier – et de laisser une empreinte sur le monde.