La première source de revenus — la plus massive, la plus visible — réside bien sûr dans la vente des livres. Mais il serait trop réducteur de ne voir là qu’un simple chiffre sur un ticket de caisse en librairie. Les ventes elles-mêmes se déclinent en une mosaïque de circuits et de modèles économiques.
Le livre papier, cœur battant du chiffre d’affaires
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Librairie indépendante : Elle reste le réseau privilégié, avec plus de 3400 librairies indépendantes en France (France Livre), générant autour de 40 % des ventes totales de livres au détail.
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Grandes surfaces culturelles et alimentaires : Fnac, Cultura, Leclerc et consorts assurent ensemble environ 39 % du marché selon le Syndicat national de l’édition (SNE).
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Vente directe : Nombre d’éditeurs, notamment dans le secteur jeunesse ou la BD, proposent la vente sur leur propre site, voire lors de salons et festivals (les "petits circuits", souvent essentiels pour les micro-éditeurs).
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Export et diffusion à l’étranger : Environ 13 % du chiffre d’affaires de l’édition française provenait de l’export en 2021 (SNE). Le Québec, la Belgique, la Suisse ou encore le Maroc figurent parmi les premiers marchés.
La vente de livres papier représentait, en 2022, environ 3,14 milliards d’euros de chiffres d’affaires pour l’édition française (SNE, chiffres 2023), tous segments compris (littérature générale, jeunesse, scolaire…).
Le livre numérique : une croissance discrète mais indéniable
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Si le livre numérique ne représente "que" 9,4 % du chiffre d’affaires global du secteur (SNE, 2022), la croissance annuelle reste supérieure à celle du livre papier sur certains segments, notamment la littérature professionnelle ou académique.
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Les revenus à l’unité côtoient l’émergence de nouveaux modèles comme l’abonnement (Youboox, Izneo, Kindle Unlimited), perturbant les modes de rémunération classiques.