Les quartiers nord de Marseille, de la Belle-de-Mai à Saint-Antoine, du Plan d’Aou à la Castellane, forment un vaste ensemble bigarré, héritier d’une double histoire : celle d’un passé industriel et ouvrier (chantier naval, manufactures, usines), et celle, plus récente, de la désindustrialisation et du repli des services. Avec un taux de chômage très supérieur à la moyenne nationale (jusqu’à 30% dans certains quartiers selon l’INSEE), ces territoires sont synonymes de précarité, mais aussi de solidarité — une communauté tissée par les épreuves, où l’entraide, le « système D » et la lutte pour la dignité sociale prennent mille visages.
Dans l’imaginaire collectif, ils sont trop fréquemment associés au trafic, à la violence, à l’échec scolaire. Pourtant la littérature a su, depuis les années 1990, faire émerger d’autres récits, porteurs d’une vérité plus complexe et fidèle à ce poumon populaire marseillais (France Culture, "Marseille : les quartiers nord, une mosaïque", 2021).