L’entrée en littérature des métiers du prendre soin n’a rien d’anodin. Depuis les années 2010, une poignée de romans donne le micro à celles qu’on surnomme toujours « les petites mains », face à l’institution vieillissante que sont les Ehpad. Ce choix d’écriture s’ancre dans une volonté assumée de rendre visibles les oubliées du quotidien. Les Ehpad, lieux de toutes les tensions — affectives, économiques, sociétales — symbolisent la manière dont notre société traite la fin de vie, la vieillesse, mais aussi le travail du care, trop souvent féminisé et sous-estimé.
Les aides-soignantes, au centre de ces récits, constituent le prisme idéal pour aborder :
- La précarité et la fatigue inhérentes à leur métier ;
- Les solidarités créées dans l’adversité ;
- La violence institutionnelle vécue au quotidien ;
- La beauté des gestes, du lien intergénérationnel et de la résistance ordinaire.
Ces romans sont nés d’un mouvement de fond, ébranlé parfois par des faits réels relayés par la presse — maltraitance, mobilisations dans la rue, crises sanitaires — et par le besoin, exprimé dans la société, de « faire entendre celles qui font ».