Si la fabrication est le socle matériel du coût du livre, c’est la distribution qui provoque la grande dispersion des prix et des marges. Entre l’auteur, l’éditeur, le diffuseur, le distributeur, la librairie et parfois le revendeur en ligne, chaque acteur prélève une part – juste rémunération, mais aussi reflet d’une filière morcelée.
La chaîne du livre en France : découpe des parts
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L’éditeur : Il prend en charge l’ensemble de la production, de la correction à la maquette, de la fabrication à la communication. Sa marge finale dépend du tirage et du succès, mais aussi du contrat passé avec les autres acteurs.
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Le diffuseur / distributeur : Le diffuseur promeut et place les livres auprès des libraires, alors que le distributeur gère l’acheminement physique et la logistique, parfois pour le compte d’une vingtaine ou d’une centaine d’éditeurs. Selon le SNE (Syndicat National de l’Édition), la diffusion et distribution cumulent entre 55 % et 60 % du prix public hors taxe du livre.
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Le libraire : Sa remise oscille classiquement, en France, entre 30 et 35 % du prix public TTC. Amazon prélève parfois une marge proche de celle des libraires physiques (29 à 32 %), mais de nombreux petits éditeurs dénoncent des frais de retour et de logistique plus importants.
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L’auteur : Sa part reste la plus faible, comprise entre 6 % et 10 % du prix public HT, selon qu’il s’agit d’un roman ou d’un essai, d’un grand ou d’un petit éditeur. Au format poche, la rémunération baisse encore, autour de 5 %.
| Acteur |
Part du prix du livre (moyenne) |
| Libraire |
30-35 % |
| Diffuseur/distributeur |
20-25 % |
| Éditeur |
25-30 % |
| Auteur |
6-10 % |
| Frais de fabrication (impression, papier, transport) |
10-15 % |
Source : chiffres issus du rapport du Syndicat National de l’Édition 2022, Livres Hebdo.
La question cruciale du retour et du pilon
Le secteur du livre, pour soutenir une large offre et donner une chance aux nouveaux titres, pratique le retour des invendus. Entre 18 % et 20 % des livres mis en place en librairie sont renvoyés à l’éditeur chaque année, et la majorité finit pilonnée. Cette pratique coûte cher à tous les maillons : frais de transport, de reconditionnement, gestion des stocks et destruction. Cet aspect invisible du circuit a un impact direct sur les prix.