Il suffit de regarder les chiffres pour saisir l’ampleur du phénomène. Lors du premier tour de l’élection présidentielle 2022, 42% des 18-24 ans et 46% des 25-34 ans ne se sont pas déplacés aux urnes (données IFOP). Aux élections européennes de 2019, seuls 21% des 18-24 ans s’étaient rendus aux urnes, un taux encore plus bas qu’aux précédents scrutins. Ce décrochage se vérifie sur la plupart des rendez-vous électoraux, et, fait nouveau, il ne s’explique plus seulement par l’âge, mais par une transformation profonde du rapport à la citoyenneté et à l’expression politique (source : Ministère de l’Intérieur, CEVIPOF, 2022).
Cette désaffection n’est pas unique à la France, mais elle y prend un relief singulier tant le "pouvoir du vote" a été, historiquement, un pilier de l'identité républicaine. Pourquoi la jeunesse, dont chaque génération espérait être le moteur de la modernité politique, choisit-elle le retrait ?