Le financement participatif ne se contente plus d’être un banc d’essai : il s’installe désormais comme un canal à part entière de circulation des œuvres et d’émergence de nouvelles plumes. Certaines maisons se professionnalisent dans cet exercice, peaufinant la scénarisation des campagnes, la mise en scène visuelle, l’interaction avec les futurs lecteurs.
Au-delà de sa dimension financière, le crowdfunding fait entrer l’édition dans une ère plus horizontale, voire communautaire : il ne détermine plus seulement ce qui peut être publié, mais aussi qui participe à l’acte même d’édition.
À mesure que les frontières s’estompent entre auteur, éditeur et lecteurs, l’édition française esquisse ainsi, à petites touches, un nouvel art de faire naître et circuler les émotions du livre : des émotions partagées, portées dès l’origine par une pluralité de voix et tissées, campagne après campagne, dans les interstices d’un dialogue renouvelé.